Réinsertion professionnelle

Formation - soins de longue durée

La Suisse fait face, depuis plusieurs années, à une pénurie de personnel infirmier. Cette réalité constitue un défi majeur pour le secteur de la santé. Une récente étude sur les besoins en personnel soignant et d’accompagnement montre que le canton de Fribourg ne fait pas exception à cette réalité.

Un grand nombre de personnes, formées dans le domaine des soins, ont abandonné leur carrière professionnelle pour se consacrer à des tâches familiales ou pour exercer d’autres activités professionnelles plus conformes à leurs disponibilités.

Contacts 

Jacques Mondoux
Doyen filière HES en soins infirmiers
jacques.mondoux@hefr.ch 
026 429 60 09

Documentation

Flyer de présentation

Formulaire d'inscription

Bulletin de versement

L’évolution rapide du métier et la durée d'éloignement peuvent rende le retour à l'emploi difficile. C'est pourquoi la Haute école de santé de Fribourg propose, en partenariat avec six organisations reconnues du canton, un cursus de réinsertion professionnelle dans le domaine des soins de longue durée. Cette formation à 80% allie cours théoriques et expérience pratique et permet de retrouver la confiance dans sa pratique, de réactualiser ses connaissances et de gagner en compétences.  

Début de la formation : 5 octobre 2020
Délai d'inscription : 4 septembre 2020

En 2020, cette formation est proposée uniquement en langue française. Toute personne intéressée à suivre cette formation en allemand peut s'annoncer auprès de Jacques Mondoux, Doyen filière HES en soins infirmiers, dans le but d'organiser une volée alémanique en 2021.

Séance d'information: 31 août 2020, 17h00, à la HEdS-FR, Bâtiment Mozaïk, Route des Arsenaux 16a, 1700 Fribourg

Informations

  • Remise à niveau des connaissances et développement des compétences en lien avec les défis actuels de la profession
  • Analyses de situations professionnelles et développement d’une pratique réflexive
  • Élaboration d’un e-portfolio d’apprentissage
  • Développement du jugement clinique et de l’évaluation clinique infirmière dans un contexte interprofessionnel

Infirmier-ière-s souhaitant reprendre une activité après avoir quitté le milieu professionnel depuis un certain temps

Cette formation est proposée à 80%. Les cours dispensés à la Haute école de santé Fribourg auront lieu du lundi au jeudi.

  • du 5 au 13 octobre 2020 : cours à la Haute école de santé Fribourg
  • du 14 octobre au 7 décembre 2020 : stage à 80% dans un milieu clinique
  • du 9 au 10 décembre 2020 : cours à la Haute école de santé Fribourg

Stage en établissement médico-social, en soins à domicile ou en milieu hospitalier, organisé par le/la participant-e ou par la Haute école de santé Fribourg

Inscription : CHF 300.-

Les frais de formation sont financés par la Direction de la Santé et des Affaires Sociales du canton de Fribourg et par la Confédération

Interview avec Martine Gremion, participante de la première volée

Quel est votre parcours professionnel ?
J’ai obtenu mon diplôme en 1992 et j’ai travaillé ensuite à l’hôpital à Riaz et dans les urgences. C’était une époque où on partait avec l’ambulance, donc j’aimais bien les soins techniques et aussi le rapport avec le patient. Après avoir eu mes premiers enfants, j’ai décidé de diminuer mon pourcentage et après le troisième, j’ai arrêté. J’étais très heureuse de m’occuper de mes enfants pendant treize ans.

 

Comment avez-vous eu l’idée de vous lancer dans une formation ?
Quand je discutais avec des copines infirmières de leur vie professionnelle, elles m’ont dit que c’était plus du tout le même métier et qu’il y avait notamment eu beaucoup de changements au niveau informatique. Ça ne me faisait pas du tout envie de reprendre, puisque je n’aime pas du tout l’informatique. Mais quand j’ai vu un article dans La Liberté sur cette formation, ça m’a titillé. J’ai vu cette opportunité comme une chance inouïe de ressayer parce qu’au fond, j’aime ce métier.

Comment votre stage s’est-il passé ?
Je me suis inscrite en précisant que j’aimais surtout les soins à domicile ou palliatifs. Alors j’étais très contente de pouvoir faire mon stage aux soins à domicile à Courtaman, même si c’est assez loin de mon domicile. Le travail était exigeant, surtout parce qu’on doit tout documenter sur les tablettes, le temps est chronométré, mais j’ai fini par comprendre le fonctionnement. J’ai eu pas mal de difficultés quand je devais aller seule chez les patients car je ne connaissais pas la région et je me suis perdue plusieurs fois.

Et les cours à la HEdS ?
Quand nous sommes arrivées, nous nous sommes toutes senties presque maternées. Il y avait de la bienveillance, pas de jugement, les responsables ont remobilisé tranquillement nos connaissances. Le passage de l’école à la réalité était d’autant plus dur. Mais j’ai apprécié commencer dans cette douceur et cette bienveillance qui nous ont accompagnées jusqu’à la fin de la formation.

Qu’est-ce qui a changé dans la relation avec les patients ?
A l’époque, j’avais le temps de boire un café avec les patients, de discuter avec eux. Aujourd’hui, chaque soin correspond à un temps précis. Si j’ai besoin de cinq minutes de plus que prévu pour la douche du patient, je dois les justifier. Au début, ça m’a stressée et j’étais moins à l’écoute. Mais avec l’expérience, j’ai développé des stratégies et je peux maintenant discuter avec les patients en faisant les soins.

Qu’est-ce que la formation vous a apporté ?
J’ai constaté que pendant treize ans, j’étais dans le confort, mais je m’étais également dévalorisée. Grâce à la formation, je me suis retrouvée dans des situations où je ne pouvais compter que sur moi-même pour trouver des solutions et finalement, j’en suis sortie plus forte. Je me sens valorisée aussi vis-à-vis de la famille, j’ai une autre place.

Et la suite ?
Je continuerai à travailler à l’heure aux soins à domicile, où j’ai fait mon stage. La formation m’a donné un nouveau souffle, alors j’en profite. J’ai 50 ans et si durant les dix prochaines années je pouvais travailler à un petit pourcentage à l’heure, ça me conviendrait bien.

Interview avec Myriam Maillard, participante de la première volée

Pourquoi avez-vous décidé de participer à la formation de réinsertion ?
Après ma formation, que j’ai terminé en 1993, j’ai travaillé une dizaine d’années à HFR, puis dans un home médicalisé. Ensuite, j’ai exercé à petit pourcentage dans un cabinet médical ainsi qu’à l’Association suisse des Paralysés à Fribourg. En résumé, cela fait maintenant plus de 12 ans que je me suis éloignée du milieu des soins. J’avais envie de réactualiser mes connaissances, me mettre à jour avec les nouveautés.

Comment avez-vous vécu cette formation ?

Ça n'a pas été tout simple mais très constructif et enrichissant. Après le stress des débuts lié au rythme et pourcentage de travail, à l'apprivoisement du milieu de stage (soins à domicile), la confiance est revenue progressivement. J'ai constaté que la pratique revient vite et toute la phase de mise en confiance durant les périodes à la HEdS-FR a été très bénéfique. Je me suis rendue compte de l'évolution de la profession mais aussi que ces grands changements n'étaient mais pas insurmontables.

Quelle était la plus grande nouveauté pour vous ?

Ce qui m’a le plus surpris, c’est la place que prend l’informatique aujourd’hui et le fait que chaque acte doit être validé, inscrit et chronométré (soins à domicile), justifié. Le temps passé par les infirmières pour la mise en place d'un dossier d'un nouveau cas est conséquent et les compétences informatiques indispensables. Je trouve que la profession s'est davantage intellectualisée et qu'on demande davantage encore de compétences à l'infirmière.

Quel est votre bilan de la formation ?

La HEdS-FR a développé une formation adaptée à mes besoins et a totalement répondu à mes attentes avec beaucoup de compétences et d'écoute. Le programme était parfaitement organisé, les cours donnés et les compétences des enseignants m'ont apporté totale satisfaction. Je ne peux que remercier vivement les personnes responsables de la mise sur pied de ce programme et encourager toutes les infirmières qui ont quitté les soins et qui ressentent le besoin de s'y replonger de ne pas hésiter à s'inscrire à cette formation.

Comment envisagez-vous la suite ?

Je me suis rendu compte que les soins à domicile sont un domaine que j'aime et qui me correspond bien. Ai encore besoin de temps de réflexion avant de me positionner pour imaginer une éventuelle postulation. Le côté administratif conséquent actuellement dans la profession est clairement pour moi un inconvénient qui fait pencher la balance du côté qui me déplaît.

 

Cette formation est proposée par la Haute école de santé Fribourg en partenariat avec: